Tuscany Trail 2019

Cela faisait un moment que Julien me parlait de cet évènement, la «Tuscany Trail». Au programme ? 543km de chemins et routes à travers la Toscane avec 9200m de D+.
Il en avait entendu parlé dès la première édition, il y a 6 ans, et l’an dernier, les copains Capucine et Rémi y ont participé ; après nous avoir raconté leur aventure, je demande à Julien :
– « Tu crois que je serais capable de le faire ? »
L’idée suit son cours et, je ne sais plus exactement quand, on décide qu’on participera, Julien, moi et notre ami Antoine.
Janvier dernier, je vois passer une publication de Louise, indiquant qu’elle s’était inscrite.
– « Les gars, les inscriptions sont ouvertes !! »
On commence à programmer notre voyage. Marie-Hélène, la patronne du 
bar/tabac/épicerie/poste «Le Savoye» à Saint Nicolas la Chapelle où nous étions alors attablés, s’installe avec nous et nous dis :
-« La Toscane ? Mais c’est génial, allez voir telle ville, telle ville et aussi telle ville… vous démarrez à Massa ?? Ah mais il faut absolument que vous rameniez des rouleaux à pâtisserie en marbre !»
– «Mais, Marie Hélène, on sera en vélo !»

Nous avons déjà hâte.

Les mois passent, Mai se termine et il va être l’heure de partir. On est super contents et motivés, mais pas du tout préparés !
Les vélos sont prêts depuis des mois, les bonhommes beaucoup moins, surtout pour Julien et moi. Parce que le boulot, le moral, le temps… on peut se trouver tout un tas d’excuses, le fait est que nous avons juste fait un week-end bivouac du côté de Bastogne en Ardennes belge quelques semaines auparavant. Ceci dit, le test du matos dodo par -1° ressenti -5° la nuit était plutôt concluant, c’est déjà ça. 

Nous arrivons donc à Massa après 2 jours de voiture (c’est pas la porte à côté depuis Lille). Nous nous installons au stade qui sert de point de ralliement. On fait le tour des vélos, des tentes, j’ai l’impression d’être au salon du bikepacking et du matos de camping, j’adore !

On retrouve les copains de Lille, Matthieu, Louise et son frère Baptiste.
On voit aussi l’équipe Bombtrack et se dit qu’il ne faut pas faire nos timides. 
Nous discutons donc avec Manuel, Jonas et Franzi de «Tales on tyres». 
-« Vous avez prévu de le faire sur combien de temps ? »
-« 5 jours et vous ? »
-« Oh nous on est en vacances, on veut profiter, 6 ou 7 jours je pense »


Après le brief d’Andréa, l’organisateur, on se pose un peu avec les copains, on mange un bout, on boit des bières, on rigole, et puis c’est l’heure d’aller se coucher.
Nous avons eu un super road book, que l’on potasse un peu dans la tente.
-« Chéri, ça va piquer…»

Le lendemain, nous partons vers la place où est donné le rendez-vous. Nous n’arriverons pas à prendre le départ avec Louise, Baptiste et Matthieu, on s’est raté de peu (Matthieu avait laissé son portable branché des les vestiaire du stade, il fait un allé/retour express), malheureusement on ne se croisera pas sur la route.
On suit du monde, il fait déjà très beau, ça sent le jasmin partout.
Cette odeur reviendra régulièrement le long de la trace. 
On croise plusieurs riders ayant crevé, personne ne fait de remarque, on est un peu superstitieux dans ces cas là..

La route file, on longe un canal et la première grosse montée commence. Il fait très chaud. On voit tout le monde arrêté sur le bord de la route et on croit que la montée est finie mais Julien boit un coca et nous dit :
-« Nan nan, on s’arrête pas là, elle n’est pas finie ! »
En effet, il restait encore une portion… Arrive enfin la véritable fin de cette montée sur route qui débouche sur un très beau panorama et aussi sur le premier singletrack, un régal. Un peu stressant car je sens que j’ai quelqu’un derrière moi et je ne veux pas me faire rentrer dedans ou le faire tomber ! 

On continu de monter et viens la première grosse descente vtt avant Lucques. Le vélo réagit super bien, j’y vais tranquille mais je m’éclate, moi qui il n’y a pas si longtemps déclipsait une chaussure et posait le pied dès que je voyais une racine..
Nous nous arrêtons manger au premier truc venu à Lucques, où j’apprendrais que la notion du temps chez les italiens diffère quelque peu. En effet, les «5 minuti» pour avoir nos pâtes se transforment en 30 minutes, et c’était vraiment pas terrible. On se rend compte en repartant qu’il y avait le marché et pleins de commerce en ville. On se promet de ne pas refaire la même erreur dans les villes suivantes :
– « On ne s’arrête pas au premier commerce ! »

ll fait vraiment très chaud. Nous décidons de pousser jusqu’à Vinci mais c’est très long ! Nous y arrivons enfin et après un repas qui requinque nous décidons de partir vers un camping près de la trace «20 minuti» de Vinci en vélo me dit la dame au téléphone… 1h30 de montée plus tard nous y arrivons enfin, rincés.
Julien a un début de tendinite et pour ma part, m’asseoir sur la selle devient compliqué, mais je savais qu’avec 0 préparation ça allait m’arriver au début. Nous sommes un peu inquiets mais demain est un autre jour.

On décolle vers 8h30 le lendemain, un grec nous demande s’il peut rouler avec nous. Il s’appelle Panos et vit à Bruxelles. Nous ferons la route ensemble jusque Florence, c’est chouette de discuter avec d’autres participants.
Encore une super descente vtt puis le canal jusque Florence. Il fait déjà très chaud. La ville est superbe, blindée de touristes mais superbe. Petite pause panino tomate/mozza et croissant à la fleur d’oranger fourré au nutella, à se damner ! Il faut que j’en parle à Monsieur Didi, le boulanger à côté du magasin.
Nous croisons le photographe de la Tuscany qui nous prend en photo sur le pont, ça fait chaud au coeur.

Nous faisons des pauses régulières à cause de la chaleur et Antoine, qui est un vrai lézard, nous attend à Antella, où pas mal de riders profitent de la fraicheur de la place et de la super «pasticceria».
Nous poursuivons avec de chouettes passages techniques mais, au détour d’un singletrack, je vois un petit attroupement autour de Julien, je comprend tout de suite que quelque chose ne va pas. 
Il s’est fait surprendre par un rider qui a freiné devant lui sur le single et s’est pris la barrière, le casque à tapé aussi. Je lis dans ses yeux que c’est mauvais.
-« ça a fait crack, je pense que j’ai cassé une côte. »
La radio confirmera plus tard que ce n’était pas une mais trois…
Je lui donne une monodose d’arnica, pensant naïvement que ça atténuera la douleur, et surtout car je ne sais pas trop quoi faire.
On se pose à l’ombre, cherchant la gare la plus proche. Appel un peu paniqué à Antoine pour lui expliquer la situation. Il veut nous rejoindre mais n’arrive pas trop à voir comment couper par la route.
Julien a mal, il est aussi très triste et déçu, mais il garde son sang froid et essaie de raisonner calmement. Nous avions réservé une auberge de jeunesse pour le soir, à Tavarnelle Val Di Pesa. Nous ne sommes «qu’à» une trentaine de kilomètres mais ils peuvent vite compter triple avec les dénivelés. Julien réussi à établir un itinéraire pour couper par la route. Nous ferons finalement autant (voir plus, on ne s’appelle pas « Get Lost » pour rien…) de chemins/kilomètres/dénivelés que si nous étions restés sur la trace, que nous récupérons d’ailleurs par moment. 

Cette mésaventure nous vaudra tout de même un magnifique coucher de soleil sur les vignes de Chianti et ma première expérience VTT dans le noir en forêt. Julien m’impressionne, il ne bronche pas, même si je peux lire la douleur sur son visage.

L’heure tourne, petit message à Antoine qui est arrivé à Tavarnelle :
– » Prends nous un truc à manger, même une pizza qu’on mangera froide c’est parfait.  » 
– » Ne vous inquiétez pas, j’ai trouvé une pizzeria qui sert jusque une heure du matin.
« 
Clairement nous y serons avant mais ça nous rassure.
On fait la dernière montée dans le noir, accompagnés par la musique au loin d’une fête de village. Nous arrivons enfin, épuisés mais contents de voir la pizzeria, où Antoine a déjà sympathisé avec le tenancier. Lui qui n’est pas à l’aise en anglais a toujours le chic pour trouver LA personne francophone là où il va. En discutant autour de nos pizzas, Julien me pousse à continuer avec Antoine. Il cherchera pour sa part une gare afin de rejoindre Massa et récupérer la voiture.

Le lendemain matin, nos chemins se séparent donc à un croisement. 
J’ai les larmes aux yeux et je ferais la première montée en pleurant silencieusement. Je ne pensais pas être si triste mais ça me fend le coeur de le laisser et je m’en veux terriblement de continuer sans lui. Je reçois un petit message :
– » Profite pour nous deux. « 

Je suis un peu rassérénée et motivée pour la suite, et surtout j’essaie de profiter, comme il m’a demandé.
C’est beaucoup moins technique que les 2 premiers jours et nous arrivons assez vite à San Giminiano. Petite pause fromage/fruits et on repart. La suite de la journée est un peu lassante. Heureusement il y a de magnifiques champs de coquelicots mais la montée jusque Sienne, qui se fait sur une grosse route, est plutôt éprouvante. Nous ne sommes pas mécontents d’arriver enfin dans la ville, vers 17h. On croise la team Bombtrack qui eux se remettent en route pour bivouaquer plus loin.

Nous avions décidé de nous arrêter à Sienne pour la nuit. Julien, qui a récupéré l’auto, nous a trouvé un hôtel et nous rejoint pour profiter un peu de la magnifique Piazza Del Campo.
Avec ses côtes cassées, on ne va pas le faire dormir sous la tente et il faut avouer que c’est confortable (et un gros gain de temps) de ne pas avoir à défaire/refaire tout son paquetage. Julien nous dit :
–  » Je me dois de vous le proposer : est-ce que vous voulez que je prenne tout votre chargement dans la voiture ? « 
– « Non, surtout pas, ça fait parti du défi ! »
–  » Ah ah je m’en doutais… »

Après un resto typique où nous essayons de blaguer sans grand succès avec le tenancier, nous nous mettons en route vers l’hôtel qui est à deux pas de la trace. Quelques Birra moretti aidant, Antoine et Julien descendent même des escaliers en vélo (Julien le regrettera aussitôt !)

Le lendemain, 4eme jour sur les routes, c’est encore plus roulant, moins rigolo aussi. Nous suivons beaucoup la route de la «via Francigena» qui permet aux pèlerins de partir de France pour arriver à Rome. 
Nous la rebaptiserons «La Frangipane», plus facile à dire, et ses marcheurs seront donc les «frangipaneurs». C’est bête mais ça nous fait marrer. La chaleur est assez éprouvante et je lutte un peu dans les longues montées sur les strada bianca en plein cagnard. 

Pause salvatrice dans le magnifique village de San Quirico d’Orccia et on repart. Julien m’envoie des messages pour me motiver. De son côté il visite  Sienne et semble se régaler, ça me fait plaisir.
On enchaîne vers Pienza (superbe aussi) puis arrive une portion assez roulante avant une grosse dénivelée. Longs passages sur route où on débranche un peu le cerveau et enfin on rejoint un bois où nous aurons plusieurs passages dans l’eau. C’est rigolo mais c’est salauds, on a les pieds trempés !
Nous arrivons à la montée pour Radicofani, 10 km dont 5 dans les cailloux. Je la ferais essentiellement à pied, je n’ai plus le jus pour mouliner.
Antoine est arrivé avant moi en haut et à fait le plein à l’épicerie. Nous avons aussi les boites de thon/haricot trouvées au Lidl (bien mieux que les Lidl français et allemand réunis) et je me régale.

Dans ces moment là, même le plat le plus simple vous parait fantastique. Nous décidons de stopper ici, on a toujours les pieds trempés et la portion suivante semble être un no man’s land niveau logement, on ne veut imposer un bivouac à l’arrache à Julien qui a la gentillesse de nous attendre. En arrivant au centre du village, on recroise l’équipe Bomtrack. Franzi me dit :
–  » Mais tu ne m’avais pas dit que vous le feriez à la cool ? « 
–  » Si mais on roule et puis quand on arrive quelque part on se dit «on continu». « 
Ils vont continuer un peu de nuit car elle m’explique qu’ils doivent finir demain pour respecter leur timing.
Julien nous raconte sa journée à Sienne et San Giminiano autour d’une bonne pizza. C’est un peu frustrant de passer dans de si beaux endroits et ne pas prendre le temps d’en profiter. Du coup c’est chouette d’avoir ses récits et on décide déjà que nous reviendrons visiter Sienne et Florence tranquillement (quand il fera moins chaud).

Mercredi, la température est plus agréable quand nous partons et après avoir quitté Radicofani, nous enchaînons vers Sorano. 
Longue et belle descente sur route qui débouche sur ce village perché sur les falaises, c’est magnifique. J’envoi direct un message à Julien pour lui dire d’y aller après sa visite de Radicofani.

On monte, on descend, on monte encore… et arrive la montée pour Pitigliano. Celle-ci se finira par des escaliers qui me semblent interminables. Je peste et Antoine m’aide pour les dernières marches. ça valait néanmoins le coup car le village est superbe, nous passons dans de petites ruelles et avons le sentiment d’être hors du temps. 
En quittant le village nous avons une vue d’ensemble via l’autre versant, c’est vraiment sublime. J’essaie d’imprimer ces images dans ma mémoire, car la photo ne traduira jamais exactement l’émotion ressentie à ce moment là.

(on imprime dans sa mémoire, mais on fait quand même une photo…)

Le reste de la journée sera beaucoup moins chouette avec 60km de montées/descentes mais surtout de longues, très longues lignes droites…
–  » Je savais pas qu’on était aux Etats-Unis en fait «  ironise Antoine.
Arrivés vers Marsiliana, nous voyons enfin les parasols d’un troquet.
– » Bon ok, on avait dit qu’on s’arrêtait pas au premier truc… »
– » Ouais mais là je m’en fout j’en ai ras le bol ! « 

Julien, qui est dans le coin, nous rejoint. Il a trouvé un camping à Albinia avec plage et piscine, on repart tout content en pensant au moment où on mettra les maillots de bain.
Nous arrivons trop tard pour la piscine mais qu’importe, c’est bien mieux de faire quelques brasses dans la mer. On recroise Panos :
– « Vas y, elle est un peu fraîche mais ça va. « 
–  » Non non c’est trop froid pour moi, je viens de Grèce quand même. »

Il y a pas mal de «Tuscaner» au camping. Nous ne sommes visiblement pas les seuls à avoir décidé de finir demain par «l’île» (c’est en réalité une péninsule mais ça fait plus aventurier de dire l’île.) On se lève tôt pour attaquer la dernière portion à la fraîche. Nous nous attendons à un truc assez dur d’après les messages des copains Louise et Mathieu qui sont déjà arrivés.

L’ambiance est assez étrange sur l’île, j’ai l’impression d’être dans un épisode de la série «Lost». Dernière partie vtt, il y a de chouettes descentes techniques, un peu dangereuses parfois, surtout que mes freins ne répondent plus trop. Heureusement Julien m’avait montré comment les resserrer mais ce n’est pas génial quand même. Je lui envoie notre position gps. Il va essayer de nous croiser en voiture pour prendre quelques photos. On le voit en bas de la dernière grosse descente technique et il en profite pour resserrer nos freins, je suis rassurée pour la fin.

Nous quittons la péninsule par une belle et longue route sous les pins parasols, on appui pas mal, on sait que ce sont les derniers efforts. Toutefois j’ai l’impression que ça ne finira jamais.
– » Antoine, dis moi qu’on y est presque… »
– » Oui oui. « 
– » Nan mais pour de vrai, pas pour me faire plaisir ! »

Je vois enfin le petit drapeau sur mon gps et Julien qui nous attend tout près de l’arrivée, je sens une petite larme monter. 
La bannière «Arrivo» est enfin là, il est midi quinze et nous somme applaudi par les autres riders présents. ça fait chaud au coeur. Je vois qu’Antoine verse lui aussi sa petite larme. Je rigole et pleure en même temps, je suis contente et fière d’avoir réussi à finir.

Avec Antoine on se tourne vers Julien qui était là pour immortaliser ce moment :
– » Bon, par superstition on osait pas te le dire jusqu’ici mais nos vélos, une tuerie, et le tubeless, quel plaisir , merci Julien ! « 
Parce que bien sur il faut que le bonhomme sur le vélo soit en forme, mais cinq jours de vélo sans aucun soucis mécanique, quel pied ! Et clairement Antoine comme moi le devons à Julien qui a préparé nos vélos aux petits oignons.
On peut manger et boire sur place, c’est parfait. Il y a de quoi se laver et rincer les vélos. 
Il est temps de charger l’auto et les vélos sur le porte vélo. Nous avons un peu de temps et décidons donc de retourner voir Sorano pour s’y balader un peu avant de reprendre la route pour Lille le lendemain.

Pendant les voyages à vélos, il y a parfois des moments où se demande un peu ce qu’on fait là, pourquoi on s’est levé si tôt pour rouler si longtemps sous une telle chaleur (ou fraîcheur voir pluie selon les périodes). 
Et puis quand c’est fini, on se dit que c’était chouette et on planifie déjà le prochain voyage. D’autant plus cette fois que Julien n’aura pas pu rouler toute la trace. Alors on pense au Jura cet été, et peut être même à la prochaine Tuscany, bref on a hâte de remonter en selle !
La Tuscany Trail est une très belle trace, à conseiller sans modération à celles et ceux qui veulent faire une aventure bikepacking. Nous nous attendions à plus de passages techniques et, si nous la refaisons, nous partirons peut être sur des vélos plus typés gravel afin d’avaler plus facilement les portions roulantes qu’avec nos VTT.
Nous reviendrons sur le matériel utilisé, que ce soit les vélos ou le matos sur les vélos. 

Photos :
-Julien (Fuji X10) : 1, 4>6, 9>13, 19>29
-Léa (Iphone 5) :2,3, 7,8, 14>18


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